P O R N O G R A P H I E


Comme son nom l'indique, et comme vous pourrez le lire dans le synopsis et la note d'intention ci-dessous, voici un nouveau projet plus qu'osé! Il est actuellement en phase d'écriture, mais celle-ci va sans doute se prolonger et se confondre encore longtemps avec la phase de production proprement dite.
Cette écriture "in progress" est liée à une enquête lancée auprès de vous, et dans laquelle je désire connaître ce que vous pensez de la pornographie, et cela, même si vous l'abhorrez et la réprouvez.

N'hésitez pas à répondre à ces quelques questions et à me faire part de vos points de vues et autres idées ou réflexions personnelles sur le sujet.
Ce qui m'intéresse, ce sont vos points de vues personnels, voire intimes, quels qu'ils soient. Sachez que ceux-ci resteront totalement anonymes au sein du film, même si vous serez crédités au générique final du projet enfin terminé. Mais ça, c'est une autre histoire...
Ce qui m'intéresse, c'est donc bien le rapport que chaque individu, tout à fait personnellement et subjectivement, entretient ou non avec la pornographie, l'indécence ou l'obscénité (et/ou ce qu'il trouve "pornographique", "indécent" ou "obscène").
Vous pouvez me parler de ce sujet in extenso et/ou tenter de répondre - par mail - aux questions, non limitatives, ci-dessous.
Merci de votre participation créative et n'hésitez pas à faire participer vos amis et connaissances! Mais surtout, soyez sincères et spontanés!











SYNOPSIS
Qu'est-ce que la pornographie? Quelle définition ferait l'unanimité?
Pourquoi est-il plus immoral de montrer des actes sexuels plutôt que des meurtres et autres? Serait-il donc moins obscène de tuer que de faire l'amour?
Pourquoi serait-il plus condamnable de vouloir exciter le public sexuellement, par des écrits ou des images, que de chercher à les faire rire, pleurer ou trembler?
Pourquoi le sexe est-il considéré comme quelque chose de sale?
Est-il tellement dramatique de séparer la sexualité de l'amour, de la même façon qu'elle a été plus ou moins séparée de la procréation?
Pourquoi donne-t-on la majorité sexuelle à 16 ans mais n'a-t-on pas (théoriquement) accès à la pornographie avant l'âge de 18? Quels effets scientifiquement prouvés a la pornographie sur la jeunesse? Quid de notre rôle éducatif?
L'acte pornographique serait-il un crime sans victime? Pourquoi les moralistes ont-ils pris l'habitude d'être plus répressifs que les juges en matière morale sexuelle?
Qu'est-ce que l'indécence? Qu'et-ce que l'obscénité? N'y a-t-il pas des actes, des attitudes et certains discours, bien plus obscènes que le sexuel? Une certaine télévision n'est-elle pas indécente et obscène?
Qu'est-ce que la provocation? Et la transgression?
Qu'est-ce que la liberté d'expression?
La liberté d'offenser n'est-elle pas un pendant de cette liberté d'expression? Défendre une liberté d'opinion qui se limiterait aux idées qui nous conviennent serait-ce encore la liberté d'opinion?

Voici un panel de questions et sujets qui seront abordées dans "Pornographie" et auxquelles tenteront de répondre, dans un micro-trottoir délirant, un échantillon de personnages, parfois décalés, parfois sérieux. Certains seront extrêmes dans leurs opinions ou parfois terriblement conventionnels. D'autres, comme ce professeur quelque peu farfelu, aux interventions récurrentes, apporteront un éclairage parfois très sérieux, voire documenté et psychanalytique, sur certains aspects.

En fin de compte, si le film ne renvoie pas les différents points de vues dos à dos, il pointe de manière provocatrice et insolente, bon nombre de nos contradictions inhérentes à notre civilisation occidentale. "Pornographie" se veut un plaidoyer pour une liberté d'expression et d'opinion dangereusement en perte de vitesse, quitte à déplaire...












NOTE D'INTENTION
S'il y a sans doute la volonté de mettre une once de provocation, voire de transgression, dans ce film, c'est afin de mieux interpeller, de questionner et, pourquoi pas, de déstabiliser le spectateur. Et le choix du titre n'est évidemment pas innocent...

L'envie de m'attaquer à ce(s) sujet(s) vient d'un besoin de créer le débat, de susciter des interrogations, voire la controverse, de chatouiller là où ça gratouille et, par ricochet, de prendre des risques cinématographiques à une période où les grands sujets ne manquent pas, mais où le formatage idéologique n'est jamais loin. Il s'agit également de pointer tous azimuts le maelström des contradictions d'une époque avide en certitudes, en vérités toutes faites et qui promulgue le politiquement correct à tous les étages.

Avec un tel sujet, il s'agit à nouveau d'un film sur le fil du rasoir, comme l'étaient déjà "PROCESSION, ET CÆTERA" et "DO-IT-YOURSELF", mes deux plus importants succès à ce jour. Ici encore, il ne s'agit pas de faire un film aimable! "Pornographie" se veut même déplaisant par certains aspects et certaines opinions émises. Il se veut à l'image même de la société. On rase peut-être gratis mais on ne brosse pas dans le sens du poil! Et si le film arrondit certains angles, c'est par l'humour, le décalage et un enthousiasme débordant, tout empreint de fausse naïveté qui "pulvérise allègrement, et avec une ingénuité confondante, les limites du bon goût"*, comme dans certains de mes films précédents. Le public jugera et se fera sa propre opinion, les auteurs n'ayant aucune leçon à lui donner.

Mais ceci ne signifie nullement qu'il n'y a pas de point de vue! Et si le film démontre quelque chose, c'est que tout cela n'est finalement qu'affaire de morale, que celle-ci est fluctuante en fonction des époques, des civilisations, du contexte socioculturel et des individus eux-mêmes; que les textes juridiques concernant les "outrages aux bonnes moeurs" sont soumis à la plus grande interprétation des juges eux-mêmes et que la liberté d'expression est parfois aussi le prix à payer pour que la véritable démocratie, telle que nous prétendons la concevoir, existe belle et bien!

Respecter la liberté d'expression et de création consiste à ne pas seulement et uniquement respecter les opinions et les oeuvres d'autrui qui nous plaisent. C'est surtout respecter, voire défendre pour qu'elles aient droit de cité, celles qui nous choquent et nous déplaisent. La liberté d'opinion n'a de sens que si elle s'applique aux opinions qui nous répugnent. Et si elle se limite aux seules idées qui nous conviennent, ce n'est pas la liberté d'expression!

L'idée de pornographie, précisément de par ses connotations sulfureuses, voire répulsives pour certains, est un formidable support pour proposer une réflexion singulière sur ce sujet précis.

J'ose croire qu'il s'agit là d'un film insolite, ne fut-ce que parce qu'il fait le choix de ne pas apporter nécessairement de réponses à toutes les questions posées. Vincent LOGEOT et moi-même cherchons et espérons que le spectateur s'en posera bien d'autres encore, plutôt que d'appliquer ce "prêt à penser" qui est le bien triste lot de notre époque.

La forme : fausses interviews mais vraie enquête
Si le court métrage adopte la forme d'un faux documentaire avec son micro-trottoir (mais les "vrais" de la télévision sont-ils plus représentatifs?), sachez qu'un questionnaire a été soumis à une bonne centaine de personnes. Ce sont en partie ces réponses qui nous ont permis, à Vincent LOGEOT et moi-même, d'écrire les dialogues, de définir la structure du film. Certaines d'entre elles se retrouvent parfois telles quelles dans l'interprétation des acteurs, d'autres réponses ont été réécrites, voire mélangées entre elles pour créer l'un ou l'autre personnage type. Ces réactions, nourries de lectures ciblées*, ont été la base principale de tout le travail d'écriture et la forme documentaire nous permet d'introduire, au sein d'un même court métrage, une variété d'opinions parfois contradictoires.

L'utilisation du faux, a fortiori dans un film d'animation ne nous a nullement paru un obstacle moral ou éthique, à une époque où l'on sait que la télévision ment, que les reality shows sont scénarisés et que certaines interviews du journal de 20 heures sont bidonnées! Alors, à partir du moment où nous travaillons nos personnages image par image et où le cinéma est reconnu comme l'art du faux-semblant, tout nous a semblé permis pour arriver à nos fins! Ici aussi, nous assumons le fait que le spectateur puisse ne pas être d'accord avec le film. Et c'est heureux!

"Esthétique de l'accumulation" ou "esthétique éclatée"?
La forme documentaire et les interviews permettent de poursuivre dans ce film ce que j'appelle une "esthétique de l'accumulation". Elle était déjà présente, à des degrés différents, dans "PROCESSION, ET CÆTERA" et "DO-IT-YOURSELF".

Il s'agit généralement de plans composés de plusieurs couches (ou calques), où "s'accumulent" à la fois le sujet principal du plan et une série d'éléments qui confortent et enrichissent la lecture, ou lui apportent un contrepoint, parfois ironique, parfois même contradictoire, à ce qui est dit ou montré de prime abord. Le spectateur comprend le sens général du plan (du film...) et ressent le trouble des différents niveaux de lecture sans forcément pouvoir l'analyser en entier à la première vision. Plus le film est vu, plus il s'enrichit de degrés de lecture supplémentaires sans que le sens général en soit changé. Là aussi, vous trouverez des exemples concrets dans mes films précédents.

Quant à la forme "éclatée", il s'agit de l'utilisation d'esthétiques parfois très différentes de séquence en séquence et parfois même de plan en plan. C'est le recours à une forme plus contemporaine du collage traditionnel qui, en fonction des différents interviewés, adopte des univers plastiques personnalisés. En schématisant, cela deviendrait : à chaque opinion ou témoignage, son univers graphique propre. L'accumulation de ceux-ci fait finalement l'unité du projet. Ce kaléidoscope (d'opinions, de graphismes) devient le principe de narration, le dispositif filmique et le parti pris esthétique de ce court métrage.












LE QUESTIONNAIRE :
- Qu'est-ce que la pornographie pour vous?
- Que pensez-vous de la pornographie? Quel rapport entretenez-vous avec elle (fascination, dégoût, curiosité, rejet, etc) et pourquoi?
- Pratiquez-vous, regrdez-vous la pornographie? Dans quelles conditions et pourquoi?
- Que trouvez-vous pornographique?
- Que trouvez-vous indécent et/ou obscène?
- Y a-t-il des choses, des évènements, des spectacles, des attitudes, des discours, que vous trouvez indécents ou obscène (dans tous les domaines, télévision, politique y compris)?
- Qu'est-ce que la provocation?
- Qu'est-ce que la transgression?
- Que pensez-vous de la liberté d'offenser?

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